Comment les radioamateurs des Pays‑Bas se préparent à une grande panne de courant
Que se passe‑t‑il quand l’électricité disparaît pendant plusieurs jours ? Plus de réseaux mobiles, plus d’Internet, plus de téléphones portables. Aux Pays‑Bas, des bénévoles du service d’urgence radioamateur (Dares) s’entraînent régulièrement à relayer des appels de détresse… sans électricité, ni connexion. Une préparation discrète mais essentielle, en pleine réflexion après la grande panne qui a touché l’Espagne et le Portugal en avril 2025.
🧑🦯 Un exercice grandeur nature dans un salon
C’est une scène presque anodine : dans un salon d’Amersfoort, en banlieue, trois hommes manipulent des antennes et des postes émetteurs. Pourtant, leur mission est cruciale.
Dick Verburg (indicatif PD1CIS), Paul Oor (PA2PWM) et Hans Leemans (PA8HL) viennent de recevoir, pendant une heure, une série de messages d’urgence envoyés depuis les provinces d’Utrecht et du Flevoland.
Le scénario ? Une panne de courant généralisée qui dure depuis plusieurs jours. Plus de bornes Wi‑Fi, plus de réseau mobile. Dans ce chaos silencieux, les radioamateurs testent leur capacité à transmettre des appels de détresse vers un centre de secours à Hilversum, grâce à de simples ondes radio.
« Ici PI9DU, pour un exercice Dares. À vous. »
Le protocole est rodé, les voix sont calmes. Mais l’enjeu est bien réel.
⚠️ Pourquoi ce sujet est‑il brûlant d’actualité ?
Les autorités néerlandaises (gestionnaires de réseau, services d’urgence, municipalités) intègrent désormais la communication sans électricité dans tous leurs scénarios de crise.
Pourquoi ? Parce que la grande panne d’avril 2025 en Espagne et au Portugal a montré une vérité simple : quand le courant disparaît, les gens veulent savoir ce qui se passe et comment joindre les secours.
Les réseaux mobiles tiennent au maximum quelques heures. Ensuite, seule la radio analogique basse consommation peut encore fonctionner.
📡 Le Dares : un réseau de bénévoles prêts à agir
Le Dutch Amateur Radio Emergency Service (Dares) est une organisation de radioamateurs bénévoles. Leur promesse : en cas de panne majeure, ils déploient des stations d’urgence capables de :
- relayer des messages entre la population et les centres de secours ;
- transmettre des bulletins d’information locaux ;
- aider à coordonner les équipes d’intervention.
Ils n’ont besoin que de batteries, de panneaux solaires ou de générateurs portables. Pas d’Internet, pas de tour de téléphonie.
🔋 Et en France, est‑ce que cela existe ?
Oui. En France, le Réseau National des Radioamateurs d’Urgence (RNR) – souvent appelé REF-Urgence – remplit un rôle similaire. Ces bénévoles sont agréés par la sécurité civile et peuvent être mobilisés lors de catastrophes naturelles, de pannes électriques massives ou d’événements exceptionnels.
Comme leurs homologues néerlandais, ils participent à des exercices réguliers pour maintenir leur savoir‑faire… souvent depuis leur propre domicile, avec une installation minimaliste.
💡 Ce qu’il faut retenir
- Les radioamateurs ne sont pas des nostalgiques de la “vieille époque”. Ce sont des acteurs de la résilience.
- Une panne générale d’électricité n’est pas une fiction : elle est testée par les autorités.
- La communication de crise ne peut pas reposer uniquement sur Internet ou le mobile.
- S’entraîner aujourd’hui, dans son salon, c’est pouvoir sauver des vies demain.
📖 Source
Cet article est inspiré d’un reportage publié par Courrier international le 18 avril 2026, traduit et adapté du quotidien néerlandais NRC (Amsterdam).
Lien vers l’article original :
Reportage – Comment les radioamateurs des Pays‑Bas se préparent à une grande panne de courant