Rôle du Radioamateur
Chapitre 2 : Connaissance de son rôle au sein d’un réseau de communications d’urgence
Objectifs : Ce chapitre va vous aider à comprendre la relation délicate et critique entre les radioamateurs et le « Client ».
Qu’est-ce que mon attitude a à faire là dedans ?
En un mot : TOUT. Votre attitude a tout à voir…
C’est même plus important que vos compétences en radiocommunications. C’est délicat, personnel et c’est sur soi qu’on refuse souvent de travailler et pourtant c’est TRÈS important…
Dans les groupes où une attitude et un comportement professionnel sont de mise, les radioamateurs sont appréciés au plus haut point par les différents responsables. Par contre, certains groupes n’ont pas cette attitude et c’est pourquoi on a déjà entendu des responsables traiter les radioamateurs de bébés gâtés, de vieux gâteux ou d’être trop difficiles à gérer.
Il y a certainement des raisons pour qu’ils aient cette perception.
Si nous sommes nommés amateurs, c’est simplement parce que nous ne sommes pas payés pour nos efforts. J’anticipe que notre travail et notre attitude soient toujours dignes des professionnels du plus haut niveau. Professionnels veut dire que le travail sera fait de façon efficace, avec le minimum d’encadrement et sans autres artifices.
Peu importe l’agence ou vous êtes assigné, chef de mission, municipalité ou autre, il faut se rappeler que les bénévoles en radiocommunications sont des employés de l’agence, mais sans paie. Si vous avez cette attitude et que vous vous considérez comme un employé de cette agence, avec tout ce que ça implique, il y a peu de chances de vous tromper. Vous êtes là pour aider à régler un problème de radiocommunications. Faites tout ce que vous pouvez, de raisonnable, pour accomplir cette mission, en évitant de devenir une partie du problème.
Qui travaille pour qui ?
Le genre de relation entre l’agence qui vous utilise et vous pourra avoir différentes saveurs, mais il reste que vous travaillez pour eux. Peu importe quel groupe vous a recruté, qui fait les messages, lorsque vous êtes sur un site avec l’agence, c’est l’agence qui définit les besoins.
Votre travail est de combler le besoin de radiocommunications de cette agence.
Vous n’êtes pas là pour montrer votre bel équipement, ou pour leur montrer que vous êtes plus fins qu’eux. Un Ti-Jos connaissant a vite fait d’exaspérer les autres participants à une urgence et de nuire à notre crédibilité.
Il est souvent dit que les volontaires ne sont pas obligés de prendre des ordres…
C’est vrai, MAIS si vous êtes volontaire pour faire des radiocommunications d’urgence, il faut vous attendre à ce qu’on vous fasse des demandes. Si vous n’êtes pas confortable avec ça, il faut repenser votre implication comme volontaire.
Il peut arriver que vous soyez inconfortable avec une demande de l’agence que vous desservez.
Il peut y avoir différentes raisons, personnelles, ou que vous soyez inquiet pour votre santé sécurité, ou que vous ne vous sentez pas qualifié. Peu importe, expliquez vos raisons poliment et essayez de trouver une solution alternative au problème. Rappelez-vous qu’on est là pour les aider à communiquer. Vous pouvez consulter votre coordonnateur radioamateur ou lui demander d’essayer de trouver une solution.
Comment les professionnels voient les bénévoles
À moins qu’une expérience de collaboration à long terme ait été préalablement établie, les professionnels qui ne travaillent pas régulièrement avec des bénévoles compétents auront souvent un comportement très prudent. Il y a de bonnes raisons pour ça.
Les services de police sont souvent inquiets d’accepter des intrus dans leur cercle, souvent pour des raisons de sécurité et de confidentialité évidentes. Les professionnels ont travaillé de longues années à développer une compétence en gestion de crises et en gestion de sites et il est peu probable qu’ils aimeront se faire dire ce qu’ils ont à faire ou ce qui est le plus important. Certains sont confiants de pouvoir contrôler toutes les situations sans assistance extérieure.
Les bénévoles sont souvent vus comme des employés à temps partiel qui ne sont pas formés aussi bien qu’eux. Plusieurs professionnels ont appris à leurs dépens qu’ils ne peuvent se fier aux bénévoles qui les ont parfois laissé tomber le jour où ils en avaient vraiment besoin.
Ne soyez pas offusqué de cette attitude, vous ne pouvez rien y faire au milieu d’une urgence. Faites votre travail en professionnel et avec maturité et peu à peu, ces gens vont reconnaître votre professionnalisme et vos qualifications.
Ce n’est pas au milieu d’un incident qu’il faut essayer de convaincre un intervenant de changer d’avis. Tout le monde est sous pression et il est préférable de se retirer si on ne veut pas de nous.
Rappelez-vous, le responsable de l’agence servie est en charge, pas vous.
Communiquer et plus ???
Certains ont dit et répètent encore que notre rôle est de faire des radiocommunications, rien d’autre. Vrai ou Faux ? Jusqu’où faut-il aller ?
En fait, ça dépend. Autrefois, on établissait une station d’urgence et on recevait des messages, on les transmettait et accusé réception et voilà.
Le rythme de gestion des urgences d’aujourd’hui est beaucoup plus rapide et il faut « parfois » accélérer le processus. La description de ce qu’on attend de nous ressemblera de plus en plus à « Communications et autres tâches connexes ». Pour cette raison, des discussions devraient avoir lieu lors des phases de préparation pour savoir plus précisément à quoi s’attendre et recevoir la formation requise s’il y a lieu.
En général, les groupes de communications d’urgence devraient être prêts à effectuer un travail qui inclut la communication :
Opérateur radio, avec des appareils radioamateur ou les radios de l’agence,
Répartiteur, organiser le déplacement du personnel, des véhicules et des équipements,
Observateur, de temps violent, de niveau d’eau, de mouvements de foule,
Rapporteur qui évalue sommairement la situation, les dommages et en fait rapport,
Chauffeur, livreur de personnel ou de fournitures.
Pour faire ces tâches, il peut être nécessaire de suivre des cours précis et participer aux exercices en plus de ceux requis pour la radiocommunication.
Dans le monde changeant de la réponse aux urgences, la flexibilité et la souplesse sont devenues des qualités essentielles si on veut contribuer à la solution du problème.
Certains groupes s’en tiennent au rôle plus traditionnel de « Communications seulement » et ceci peut être approprié, dépendant de l’agence servie.
Ententes spécifiques
Les relations entre les radioamateurs et les différents intervenants sont gérées par des protocoles ou des lettres d’entente entre les parties.
Différents protocoles prévoient des échanges de service, comme la permission d’installer un relais sur le toit de l’hôpital en échange d’un protocole d’assistance.
Bien que certaines de ces ententes soient signées au niveau national, souvent c’est au niveau local que les détails de la relation seront précisés.
Comme certaines personnes ont des visions différentes, il est possible que l’application de la même entente se fasse différemment d’une place à l’autre. Il n’y a pas de problème à accommoder des particularités à condition de rester à l’intérieur du protocole d’entente.
Voici quelques exemples d’ententes :
Le chef de mission demande à MARES de fournir des opérateurs pour les stations radioamateurs situées dans ses bureaux régionaux. À l’occasion, on nous demande aussi d’établir des communications entre la chef de mission et d’autres groupes lors d’urgences municipales ou autres.
Parler aux médias :
En cas de situation d’urgence, la presse sera à la recherche de « SCOOP » et de nouvelles sur les incidents qui se déroulent. Un endroit où ils ne doivent rien trouver, c’est auprès de vous.
Référez poliment les demandes d’information vers le responsable des communications de l’agence servie, ou vers le responsable des opérations de l’agence. Ce n’est jamais votre rôle d’être le porte-parole d’une agence, ni même de votre groupe de communications radioamateur. Diffuser des informations non autorisées sera une raison plus que suffisante pour mettre fin à votre assignation et mettre à risque la participation de votre groupe. Certains radioamateurs auront la responsabilité de répondre aux médias, mais ils parleront alors de leur rôle et non des activités de l’agence servie.
Si c’est requis, vous pouvez informer le journaliste que les communications radio sont protégées par la loi sur les radiocommunications et régies par l’ANRT.
Parfois un journaliste ne voudra pas vous laisser tranquille. Il peut parfois être approprié d’expliquer votre travail de bénévole en radiocommunications, sans déborder sur le travail ou les capacités de l’agence servie. Il faut toujours éviter de dévoiler des informations ou des messages de l’agence servie.
Si un journaliste ou une autre personne refuse de vous quitter et vous empêche d’effectuer votre travail, vous devriez informer votre responsable de l’agence servie ou demander l’aide des forces de l’ordre.
Il peut être approprié de prévoir une politique de relations médias avec l’agence servie. Il vaut toujours mieux prévenir les malentendus, que d’attendre d’être dans une situation d’urgence.
Offrir son aide lorsqu’on n’est pas connu.
Dans certains cas, une urgence peut survenir à proximité de l’endroit où vous êtes. Même si vous n’êtes pas membre de ce groupe d’urgence, vous pouvez vouloir offrir vos services. Vous devriez communiquer avec les responsables locaux avant de faire vos préparatifs.
Il est possible que votre offre soit acceptée, mais il est également possible que le groupe local se sente suffisamment en contrôle et n’aie pas besoin de votre aide. Il est également possible que ce groupe ait reçu des formations particulières, utilise des équipements spécifiques ou que des questions de sécurité soient en jeu.
La plupart des responsables de bénévoles préfèrent travailler avec les personnes dont les forces et faiblesses sont connues. Il est possible également qu’ils aient suffisamment de ressources pour faire face au problème.
Si votre assistance est acceptée, il peut y avoir différents scénarios : certaines organisations vont vous orienter, vous présenter et il y aura du soutien logistique de prévu, repas, relève, etc.
La tâche sera bien établie, les personnes contact seront connues et les services seront disponibles, repos, toilettes, relève
Dans d’autres cas, il peut se révéler pénible de devoir chercher de l’information, organiser son propre bien-être, être sur une liste pour les repas, etc…. Soyez prêt à vous débrouiller si c’est nécessaire. Obtenez le plus d’information possible avant de vous porter volontaire et de quitter la maison, l’équipement requis pouvant être différent.
Dans tous les cas, il est préférable de faire connaître vos disponibilités en temps de « paix » lorsqu’on a tout le temps de se préparer et le temps de connaître les autres intervenants. Lorsque surviendra une urgence, vous serez prêt pour une tâche et une tâche sera prête pour vous.
Résumé
La relation entre les radioamateurs et l’agence servie, qu’il s’agisse du chef de mission ou d’un autre organisme, est extrêmement importante.
Il est important de toujours adopter une attitude de professionnels et c’est ainsi qu’on va développer des relations de travail profitables pour le client et la communauté radioamateur.
Le détail des relations sera parfois différent d’un bureau du chef de mission à un autre et souvent ce sera le résultat du travail des opérateurs en place au cours des années passées.
Il est important de ne pas faire de déclarations au nom de l’agence servie ni au nom de notre groupe de communications d’urgence si vous n’êtes pas mandaté pour le faire.
Si vous offrez vos services à un endroit où vous n’êtes pas connu, il est possible qu’on n’ait pas besoin de vous, n’en soyez pas offusqué.